Les loups

 

Morphologie générale 

La morphologie des loups est très variable selon la région. Ils peuvent mesurer entre 90 et 150 cm de long (du bout du museau à la base de la queue) avec une queue de 30 à 50 cm, pour un poids de 20 à 80 kg pour les mâles et 16 à 50 kg pour les femelles et une hauteur au garrot de 50 à 80 cm. En Israël, Canis lupus arabs pèse environ 17 kg alors que son cousin arctique d'Alaska peut atteindre les 80 kg. Les mâles adultes sont généralement plus grands et plus lourds que les femelles (c'est l'inverse pour les louveteaux de moins de 6 mois). Pour la lignée italienne, les mâles pèsent en moyenne 35 kg et les femelles 30 kg pour une longueur (sans la queue) de 110 cm environ (queue de 35 cm). Au garrot, les loups italiens mesurent entre 65 et 70 cm. Les loups présents en France appartiennent tous à cette lignée.

 

Pelage

La coloration du pelage est extrêmement variable selon la région, l'individu, l'âge, la saison. Cette variabilité est un cas unique dans la classe des Mammifères. Le pelage peut être blanc, noir, gris, roux, beige, fauve...

Le pelage est composé de 3 types de poils différents, remplissant 3 fonctions distinctes :

-les poils laineux, ou poils de bourre, qui mesurent jusqu'à 6-7 cm, sont courts, fins et très flexibles. Leur forme ondulée leur permet de s'accrocher facilement entre eux procurant ainsi une isolation thermique très efficace ;

-les poils de couverture, ou poils de jarre, longs, gros et raides, apparents donnent la couleur générale au loup. Ils mesurent environ 13 cm, excepté sur la nuque et les omoplates où ils atteignent 17 cm, et forment l'encolure caractéristique des loups. Le long de la colonne vertébrale les poils sont érectiles et traduisent un état de colère ou de peur. La glande disposée à la base de chaque poil sécrète du sébum qui imperméabilise les poils ;

-les vibrisses qui sont des poils sensitifs tactiles situés sur le museau et les joues.

Comme beaucoup de caractères physiques du loup, la composition en poils dépend de la région climatique et de la saison. Ainsi les loups arctiques ont des poils de bourre très développés alors que les loups indiens n'en ont presque pas. Lorsque vient l'automne, le pelage s'épaissit pour préparer le froid de l'hiver.

 

Crâne et mâchoire 

Comme la plupart des canidés, la mâchoire du loup est composée de 42 dents (formule dentaire : 3/3 I, 1/1 C, 4/4 P, 2/3 M) bien adaptées à la prédation. Certaines sont même modifiées en carnassières (prémolaires P4 supérieures et molaires M1 inférieures) permettant au carnivore de broyer les os et de découper la chair des proies. Les canines acérées servent à la mise à mort de la proie (par pression violente des mâchoires) et les incisives à agripper et déchirer la peau (en tirant dessus) ainsi qu'à arracher la chair réduite ensuite en plus petits morceaux par les carnassières. La dentition adulte est en place dès 7 mois.

La musculature des mâchoires est extrêmement développée : le loup est capable de déplacer une proie de 2 à 3 fois son poids de corps en l'agrippant avec les incisives et les canines mais également de broyer les fémurs ou les crânes de certaines proies. La pression de la mâchoire est de 150 kg/cm².

 

Colonne vertébrale 

La colonne vertébrale des loups est très souple grâce aux disques intervertébraux qui empêchent le frottement entre les vertèbres. Elle est composée de 5 types de vertèbres :

-7 vertèbres cervicales qui présentent un prolongement dorsal (neurophyse) où se fixent les muscles du cou ;

-13 vertèbres thoraciques portant 24 côtes rattachées au sternum par du cartilage (exceptées les 2 côtes flottantes) et présentant également une neurophyse où s'attachent les muscles des épaules ;

-7 vertèbres lombaires présentant 2 excroissances latérales pour la fixation des muscles dorsaux ;

-3 vertèbres sacrées soudées et prises entre les 2 os iliaques (l'ilion) du bassin ; les vertèbres caudales qui forment la queue.

 

Pattes et déplacement

Le loup est un digitigrade (se déplace sur les doigts) et possède 5 doigts sur la patte antérieure (dont un ne touche pas le sol) et 4 sur la postérieure. La patte avant compte 4 métacarpes (absents du 5ème doigt) et 14 phalanges. Les métacarpes se fixent sur le carpe (poignet) composé de 8 petits os. Puis, entre le poignet et le coude, se trouvent le radius et l'ulna, maintenus ensemble par des ligaments mais non soudés, l'avant-bras étant ainsi plus souple. Enfin vient l'humérus qui relie le coude et l'omoplate. La structure de la patte postérieure est la même : 4 doigts avec 12 phalanges et 4 métatarses imbriqués sur le tarse (cheville) composé de 8 petits os. Le tibia et la fibula entre la cheville et le genou sont également maintenus entre eux par des ligaments et le fémur se place entre le genou et la hanche. Les pattes avant sont fixées à la ceinture scapulaire (omoplates + clavicules) et l'ensemble est rattaché au sternum, à la colonne vertébrale et aux côtes par des muscles. L'omoplate offre une grande surface, accrue par une crête médiane (l'acromion), permettant l'insertion de muscles puissants. Les pattes postérieures sont reliées au bassin au niveau de la ceinture pelvienne. Cette dernière est composée de 2 os soudés côte à côte au niveau du pubis à l'avant et de l'ischion à l’arrière. Cette structure en forme d'anneau permet de laisser le passage à l'intestin jusqu'aux conduits urinaires et génitaux et aux nouveau-nés au moment de la parturition. Au niveau des vertèbres sacrées, le bassin est fixé à la colonne vertébrale par l'ilion. La structure de ses membres donne au loup sa démarche particulière : pendant ses déplacements, il déporte ses pattes vers le centre, les 2 pattes avant se posant presque sur la même ligne, formant une voie rectiligne (bien visible dans la neige). Il peut adopter 4 allures différentes (pas, trot, course et galop), toutes très souples. Au pas, les empreintes des 4 pattes sont facilement distinguables alors qu'au trot le pied postérieur se pose exactement sur la trace du pied antérieur (sauf pour la louve pleine et les jeunes). Dans la neige, afin de limiter la dépense énergétique, les meutes se déplacent en file indienne en marchant chacun dans les traces du premier individu. Il est de ce fait très difficile de les dénombrer par l'observation d'une trace. La trajectoire tracée par le loup est, contrairement à celle d'un chien, généralement la plus droite possible. De plus, les meutes utilisent préférentiellement des espaces dégagés, où la locomotion est facilitée et moins dangereuse (chemins, bordures de lacs ou de cours d'eau) même si la distance parcourue est allongée.

Le trot est l'allure la plus fréquemment utilisée car elle offre le meilleur compromis dépense énergétique/distance parcourue. Il est capable de parcourir de grandes distances au trot (jusqu'à 60 km en une seule nuit) comme au galop (3 km à une vitesse de 40 à 45 km/h). La largeur importante de l'extrémité de ses pattes lui confère une grande portance, avec une pression exercée au sol de 90 à 120 g/cm², contre 350 à 1250 g/cm² pour les ongulés. Le loup se déplace ainsi relativement facilement dans la neige en s'enfonçant moins. Ceci explique notamment ses facilités à chasser le mouflon, dont la pression au sol, comprise entre 750 et 1250 g/cm², et la longueur des pattes inférieure à celle des chamois et bouquetin (10 à 25 cm plus grands au garrot), le rend particulièrement mal adapté aux terrains enneigés. L'empreinte est difficilement reconnaissable de celle d'un chien, bien que généralement plus étroite et plus allongée. La longueur du pas varie avec la vitesse de déplacement. Au pas, elle est de 90 à 130 cm.

 

Les sens et organes sensitifs 

Les sens du loup sont bien développés, souvent davantage que ceux de l'homme.

Le goût est certainement le moins étudié de tous. Les conclusions obtenues l'ont été par des études sur le chien. Ce dernier a 5 fois moins de papilles gustatives que l'homme et les plus abondantes répondent au sucré.

L'ouïe n'est pas très étudiée non plus. Elle est pourtant très importante pour le loup notamment pour la communication à longue distance entre les meutes et entre les individus d'une même meute. Il semblerait qu'à 60 dB, l'oreille du loup serait sensible aux sons émis entre 67 Hz et 41 kHz. Si les conditions sont bonnes, un loup peut entendre un congénère hurler jusqu'à 6 à 10 km de distance et isoler la voix d'un loup particulier dans un choeur. Ces facultés auditives performantes sont possibles grâce à la structure du pavillon de l'oreille qui concentre les sons vers le conduit auditif. De plus la mobilité des pavillons permet d'amplifier les sons faibles sans avoir à tourner la tête dans leur direction.

 La vue est un sens très important pour le loup car il intervient dans la communication (basée sur des mimiques et des postures) et dans la chasse (localiser et suivre une proie en gardant un contact visuel avec ses congénères). La composition de la rétine du loup est différente de celle de l'homme : le loup possède moins de cônes qui sont, en plus, moins sensibles. Le loup est donc moins sensible aux couleurs. Par contre, la présence d'un tapetum lucidum (cellules situées derrière la rétine ayant le pouvoir de réfléchir une faible luminosité) lui permet de voir dans des conditions de lumière réduite (aube et crépuscule). Cette caractéristique est une adaptation à sa période de chasse. Cependant l'oeil du loup n'est pas adapté à une vision nocturne complète car le tapetum n'est pas assez développé, les yeux pas assez larges et les pupilles trop petites. À l'inverse des primates le loup n'a pas de fovéa (dépression au centre de la rétine où la vision atteint la plus grande netteté) ce qui rend son acuité visuelle plus large : le loup voit plusieurs détails à la fois sans pour autant focaliser son regard sur un objet en particulier. Cela lui est très utile pendant la chasse car il peut garder un contact visuel avec les autres membres de la meute tout en suivant la proie, d'autant plus que son champ de vision est également plus large que celui de l'homme (250° contre 180°). La position de ses orbites lui permet toutefois de conserver une bonne vision binoculaire, indispensable pour juger les distances, analyser la profondeur de champ et voir en 3 dimensions.

Comme le chien, le loup possède un odorat beaucoup plus développé que celui de l'homme. Il est fondamental car il remplit plusieurs fonctions :

-fonction sociale de reconnaissance des individus (chaque individu possède sa propre odeur) ;

-fonction de reconnaissance des territoires ;

-fonction de chasse pour repérer les proies ;

-fonction de défense (il peut repérer et éviter l’homme) ;

-fonction d'orientation (il peut se diriger et retrouver son chemin grâce aux odeurs). Cette capacité olfactive est due à l'anatomie de la truffe du loup qui possède une très grande surface de récepteurs olfactifs grâce à l'allongement du chanfrein (région portée par les os naseaux) et aux replis de la muqueuse des fosses nasales (appelés volutes ethmoïdales). Ainsi la surface de contact molécules odorantes/récepteurs olfactifs est maximale. Elle atteint 200 cm² chez les canidés (contre seulement 10 cm² chez l'homme) avec plus de 200 millions de cellules olfactives. Ces cellules sont plus sensibles car la majorité des neurones récepteurs est placée sur des cils plus longs, plus nombreux et baignés dans du mucus qui facilite le contact entre les molécules odorantes et ces récepteurs. En outre le bulbe olfactif du cerveau est plus développé avec 40 fois plus de neurones. La présence de l'organe de Jakobson (ou organe voméronasal : cavité du palais tapissée de récepteurs olfactifs) permet au loup de capter les phéromones dans l'air. Grâce à ces caractéristiques, le loup a un odorat 100 à 10.000 fois plus sensible que celui de l'homme et ces capacités sont maximales lorsque le sol est plus chaud que l'air (le soir) et par temps humide (les molécules odorantes se concentrent autour des gouttelettes d'eau). Par temps sec, les muqueuses se dessèchent, faisant diminuer les performances olfactives. C'est pour cette raison que le loup chasse préférentiellement le soir et/ou par temps de brouillard ou de pluie.

 

Physiologie 

Le système digestif du loup, bien que semblable à celui de l'homme, est adapté au régime carnivore avec sa faible longueur et le gros volume de ses glandes annexes. L'estomac est volumineux et la durée du transit est de 24 à 36h (dépend de la nourriture ingérée). Le loup ingurgite de l'herbe (qu'il ne digère pas) pour faciliter son transit. Les deux glandes anales déposent une pellicule odorante sur les excréments utilisée pour le marquage du territoire.

Le coeur d'un loup bat au rythme moyen de 90 pulsations par minute au repos. Il peut monter à 200 en effort intense. La fréquence respiratoire au repos est comprise entre 15 et 20 respirations par minute et monte à 100 pendant l'halètement. En effet comme le loup n'a pas de glande sudoripare pour réguler sa température interne, il halète ce qui provoque une évaporation de la salive dans la gueule, rafraîchissant ainsi sa bouche et le sang qui y circule.

Le rein permet d'assurer l'équilibre physiologique du corps en débarrassant le sang de ses toxines. La vessie peut se détendre afin de stocker une quantité d'urine suffisante pour le marquage du territoire.

 Les loups atteignent la maturité sexuelle vers 22 mois. Chez le mâle les testicules descendent vers l'âge de 2 mois et ne fonctionnent que pendant le rut. Le pénis est formé d'un corps caverneux reposant sur l'os pénien (en forme de gouttière qui accueille l'urètre). Il se termine par un gland très allongé, seule partie érectile. Le gland maintient ainsi fortement le pénis dans le vagin pendant toute la durée de l'érection, le mâle et la femelle restant « attachés » pendant tout l'accouplement. Une fois par an, au moment des chaleurs, chaque ovaire de la louve libère plusieurs ovules entre le 9ème et le 13ème jour après le début des pertes sanguines. Les chaleurs peuvent débuter en janvier-février et s'étalent jusqu'en avril (en fonction des latitudes). Elles durent 3 à 5 semaines. Plus une femelle est âgée et plus l'oestrus commence tôt. Pendant la période de reproduction le mâle dominant devient plus agressif et augmente la fréquence de marquage du territoire. À cette période la hiérarchie est la plus remise en cause, les autres mâles cherchant à prendre la place du dominant. En effet au sein d'une meute, seul le couple dominant se reproduit. Pour éviter que d'autres femelles s'accouplent, la femelle dominante exerce une pression psychologique tellement importante que l'oestrus des autres femelles est bloqué. Après avoir été fécondés dans la trompe utérine, les ovules gagnent l'utérus. La gestation débute alors et dure 63 jours. La parturition a donc lieu entre fin mars et mi-mai. Les portées sont en général de 3 à 5 jeunes et augmentent en taille avec l'âge de la femelle (la première portée compte 1 à 3 louveteaux). La mise bas est réalisée dans un lieu couvert et ensoleillé, proche d'un point d'eau. Les louveteaux pèsent 300 à 500 g à la naissance et sont sourds et aveugles. Ils commencent à ouvrir leurs yeux (de couleur bleue pendant les premières semaines) entre 8 et 12 jours. Les oreilles d'abord pendantes se redressent vers 3 semaines. L'allaitement dure 4 à 6 semaines et, une fois le sevrage atteint, les louveteaux sont nourris de viande régurgitée par les adultes de la meute. Ils atteignent leur poids adulte à l'automne et peuvent rester au sein de la meute de un à trois ans, voire plus. Le taux de survie des louveteaux est fortement dépendant de l'abondance des proies.

 

Habitat

Le loup est capable de vivre dans toutes sortes de milieux, mais plus généralement, il fréquente les paysages plus ou moins ouverts : forêts claires ou denses, toundra, plaine et montagne (surtout là où on le persécute). Il s'abrite dans un ancien terrier, une petite grotte, des broussailles, entre des racines d'arbre, sous  un rocher. Creuse parfois un terrier ou agrandit celui d'un renard roux ou d'un blaireau.

 

Mode de vie

 Le loup est un animal social qui vit en meute, en couple ou seul selon l'habitat et le type de nourriture qu'il chasse. Selon l'abondance des proies, une meute peut parcourir 100 à 1 000 km2 et se déplace souvent à la file indienne. En Alaska, les grandes meutes peuvent compter jusqu'à plus de 30 individus. Par ses hurlements, la meute indique aux autres loups l'endroit où elle s'est arrêtée. La meute est régie par une organisation sociale très stricte, le couple qui l'a fondé se trouvant au sommet de la hiérarchie. Le mâle et la femelle dominants forment souvent un couple leur vie durant. Le loup a des mimiques et des attitudes variées et complexes comme chez le chien domestique. En urinant, une patte levée, le loup affirme sa supériorité sur la meute et dans le territoire. Doté d'un odorat très fin, d'une bonne ouïe, il voit bien à petite distance, mais de loin il ne décèle que les mouvements. En Europe, le loup est un animal surtout nocturne en raison des persécutions qu'il subit de la part de l'homme. Pourtant contrairement aux idées reçues, le loup n'attaque pas l'homme et sa présence peut être un formidable atout touristique pour les régions concernées.

 

Langage

Les langages du loup ne se résument pas à quelques mimiques ou attitudes facilement observables. Ils sont beaucoup plus complexes, la sécrétion d'odeurs, qui portent vraisemblablement des messages variés, semble primordiale et peu connue, tout comme certains aspects instinctifs encore mal compris.
Certes ce communicateur hors pair utilise fréquemment le contact physique, par exemple quand un louveteau lèche le museau d’un adulte pour obtenir la régurgitation de viande, tout comme le gémissement, l’aboiement, le grondement, le grognement pendant lesquels il simule souvent une attitude et le chant qui contrairement aux croyances tenaces, peut s’exécuter seul ou en chœur à tout moment de la journée. Peut être même y prend-t-il du plaisir.
Le plus étonnant, il répond à l’homme quand celui-ci imite ses harmoniques. Chaque membre possède son propre timbre de voix, comme sa propre odeur, c’est pratique pour se reconnaître à distance ! Ses yeux grands ouverts reflètent parfois un sentiment présent et intense, tout comme chez les humains, sans faire excès d‘anthropomorphisme. Cet être « sauvage » n’en est pas moins sociable, patient et prévenant envers ses congénères même sil peut paraître menaçant, en se hérissant, plissant museau et front tout en courbant la queue, voire en relevant ses lèvres. Ces sons, gestes et attitudes sont compris de tous.
Le marquage est aussi un moyen de communication indispensable chez le loup, urine déposée sur les accidents naturels du terrain, sécrétions appliquées par frottement et fèces lui permettent de s’affirmer sur un territoire déterminé, interdit aux étrangers, qu’ils soient loups ou autres carnassiers, même si les exceptions sont coutumières.

                           

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Alimentation

Le loup est un opportuniste. Pour se nourrir, il chasse essentiellement des ongulés (élans, rennes, cerfs, chevreuil, sangliers, daims, mouflons, chamois, moutons) mais également des petits animaux de toutes sortes comme des lièvres, des lapins, des rongeurs (castors) et des oiseaux. Il mange aussi des charognes et des ordures (par exemple en Italie). Il chasse pour se nourrir et maintient ainsi un équilibre essentiel entre les grands herbivores et leur milieu naturel. Mais les moutons sont pour lui des proies plus faciles si les troupeaux ne sont pas gardés.

 

Espérance de vie

En captivité, le loup a une espérance de vie de 15 à 20 ans, mais beaucoup moins dans la nature. Il existe une mortalité élevée chez les jeunes. Causes de mortalité : chasse, piégeages, empoisonnements, rage, parvovirus.

 

Le retour du loup

Jadis, le loup était le carnivore qui avait la plus vaste répartition dans le monde et il était commun en Europe. Exterminé par l'homme dans presque tous les pays d'Europe, aujourd'hui, il n'est plus présent qu'en Europe orientale et, dans une moindre mesure, en Scandinavie et dans les massifs montagneux d'Europe du Sud. Les petites populations qui subsistent en Europe sont menacées par les croisements avec les chiens. Cet animal mythique avait disparu de notre pays vers 1930, après des siècles de persécutions. Depuis 1992, le loup revient spontanément enrichir notre patrimoine. Il n'a pas été réintroduit, mais est revenu par lui même. Les premiers loups aperçus dans les Alpes du Sud venaient de l'Italie toute proche où l'espèce s'est toujours maintenue et est en expansion. Aujourd'hui, quelques dizaines de loups fréquentent nos montagnes. Malgré sa protection par la loi française et européenne, cette population encore fragile subit le braconnage des opposants au loup qui réclament son éradication sous prétexte qu'il s'attaque aux troupeaux. Mais s'il tue quelquefois des moutons, c'est qu'ils sont pour lui des proies plus faciles lorsque les troupeaux ne sont pas gardés et livrés à eux-mêmes sans protection en montagne. Le loup n'est qu'un bouc émissaire. Son éradication ne réglerait pas les réelles difficultés du pastoralisme. Sa présence peut au contraire permettre une meilleure prise en compte du milieu montagnard et valoriser le métier de berger. Pourtant le loup et les moutons peuvent cohabiter, l'exemple de nombreux pays et la réussite des expériences menées en France le prouvent. Déjà, des fonds français et européens aident les éleveurs à travailler en présence du loup, en soutenant l'élevage en montagne, en finançant les techniques de protection des troupeaux (chiens Patous, aides-bergers, parcs de regroupement nocturne), et en indemnisant le bétail tué par le loup. La perte annuelle d'environ 1000 moutons est imputée au loup. La très grande partie des attaques attribuées au loup est en réalité le fait de chiens errants. Parallèlement, 200 000 moutons meurent accidentellement, soit 200 fois plus. Pour répondre aux pressions des opposants au loup, le gouvernement préconise un zonage : dans certaines zones, le loup serait toléré, ailleurs il serait éradiqué. Certains envisagent même de grillager la montagne ! C'est une aberration écologique. La clef de la cohabitation entre le loup et le pastoralisme réside dans le gardiennage et la protection des troupeaux. Nos montagnes doivent pouvoir résonner à la fois du chant du loup et de celui des sonnailles ! Le vrai progrès ce n'est pas d'opposer l'homme à la nature mais d'instaurer une cohabitation harmonieuse entre la nature et les activités humaines. Protéger le loup, c'est agir pour une nature riche et sauvage où chaque espèce a sa place, dans un esprit de tolérance dont l'homme aussi bénéficiera.

 

 

Le loup et ses sous-espèces

 

Sous-espèces du loup gris

 Amérique

 -Loup d'Alberta : Canis lupus occidentalis (regroupe)

 -Loup de Colombie Britanique : Canis lupus columbianus

 -Loup des prairies : Canis lupus griseoalbum

 -Loup de Mackenzie : Canis lupus mackenzii

 -Loup d’Alaska : Canis lupus pambasileus

 -Loup de la Toundra : Canis lupus tundrarum

 -Loup de la péninsule de Kenai : Canis lupus alces (éteint)

 -Loup des Grandes Plaines : Canis lupus nubilus (regroupe)

 -Loup de Vancouver : Canis lupus crassodon

 -Loup de l’Hudson : Canis lupus hudsonicus

 -Loup des Rocheuses septentrionales : Canis lupus irremotus

 -Loup du Labrador : Canis lupus labradorius

 -Loup de l’archipel Alexandre : Canis lupus ligoni

 -Loup de la Terre de Baffin : Canis lupus manningi

 -Loup de Terre-Neuve : Canis lupus beothucus (éteint)

 -Loup d'Oregon : Canis lupus fuscus (éteint)

 -Loup Mongollon : Canis lupus mongollonensis (éteint)

 -Loup du Texas : Canis lupus monstrabilis (éteint)

 -Loup des bisons : Canis lupus nubilus (éteint)

 -Loup des Rocheuses méridionales : Canis lupus youngi (éteint)

 -Loup de l'Est : Canis lupus lycaon

 -Loup arctique : Canis lupus arctos (regroupe )

 -Loup du Groenland : Canis lupus orion

 -Loup de Terre Victoria : Canis lupus bernardi (éteint)

 -Loup du Mexique : Canis lupus baileyi

 

 Europe/Asie

 -Loup gris commun : Canis lupus lupus (regroupe)

 -Loup des steppes : Canis lupus campestris

 -Loup de Mongolie : Canis lupus chanco / Canis lupus laniger

 -Loup du désert d'Asie : Canis lupus desertorum

 -Loup de Sibérie : Canis lupus albus

 -Loup des Indes : Canis lupus pallipes

 -Loup du Caucase : Canis lupus cubanensis *

 -Loup d’Italie : Canis lupus italicus *

 -Loup de Russie : Canis lupus communis *

 -Loup de Yougoslavie : Canis lupus kurjak *

 -Loup d’Espagne : Canis lupus signatus *

 -Loup d’Honshu : Canis lupus hodophilax (éteint)

 -Loup d’Hokkaido : Canis lupus hattai ex Canis lupus rex (éteint)

 -Loup de Murcie : Canis lupus deitanus * (éteint)

 -Loup austro-hongrois : Canis lupus minor (éteint)

 (*) certaines sous-espèces ne sont pas reconnues par tous les  taxonomistes

 

 Afrique :

 -Loup d'Egypte : Canis lupus/aureus lupaster

 -Loup d'Arabie : Canis lupus arabs

 

 

 Sous-espèces du loup rouge (Canis rufus)

 -Canis rufus rufus (quasiment éteint, présent en captivité ou  réintroduit)

 -Canis rufus gregoryi (éteint, probablement présent dans les populations  captives ou réintroduites)

 -Canis rufus floridanus (éteint)

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